Solanne Bernard

Née en France en 1991, vit et travaille à Bruxelles.
Diplômée en 2015 de l’Académie des Beaux-Arts d’Édimbourg.

Le travail de Solanne Bernard se concentre sur la notion ‘d’habiter un corps’ - humain, végétal ou animal. Elle introduit dans ses installations des éléments naturels, tels des plantes, des fruits ou des minéraux, qu’elle mêle à des objets et des vidéos empruntant souvent une esthétique onirique. 
Partant de l’idée que la beauté se trouve dans ce qui peut disparaître et se transformer, elle modifie l’état et l’apparence de ses pièces et de leurs composants naturels. Cela lui permet de développer des objets-symboles qui se heurtent à la réalité que l’on se donne de son propre corps. Elle tente, à travers ces installations, de mettre en évidence les contradictions et les complexités de la fluctuation des corps vivants, comme celles de leur transformation d’entités robustes et vivantes en coquilles fragiles et mortelles.
Les pièces que Solanne développe actuellement font parties d’une recherche plus vaste autour de ce qu’elle aimerait appeler le ‘Jardin Originel’ - qui serait en quelque sorte le jardin d’Eden libéré de ses connotations religieuses. Cette référence symbolique est celle d’un lieu où tout aurait commencé et puis disparu, où l’utopie de la Beauté parfaite et de la liberté absolue serait brisée. En utilisant des éléments mortels comme des fruits et des plantes - symboles de plénitude, d’abondance mais aussi de péché  - dans des états déformés, pourris, elle montre que l’échec est nécessaire à la beauté, les défauts nous permettent de - nous - construire. Le tissu organique révèle l’infinie complexité de ce processus de création. 
Plus épais et robuste que la peau originelle, le tissu cicatriciel est en quelque sorte vecteur d’une pulsion de vie qu’il y a dans la transformation des êtres vivants par le temps, malgré les difficultés ou les échecs. Elle cherche à créer un parallèle entre tout être vivant, et tente d’encourager le spectateur à projeter son propre corps sur ceux des objets qui l’entourent. Ces objets transformés deviennent des memento qui appellent à percevoir dans la mortalité quelque chose de précieux. La sacralité des choses ne résiderait pas dans l’inatteignable fantasme de la perfection ou de la Beauté absolue, mais se cacherait dans la célébration de ce qui est amené à disparaître.
 

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